FAQ

La FAQ (foire aux questions) de la CSI a pour objectif de répondre aux questions générales, les plus courantes de la population à travers une information neutre et factuelle. A ce titre, les questions que vous poserez via le site de la CSI, pourraient servir de base à son perfectionnement. Si vous ne trouvez pas réponse à vos questions, vous pouvez utiliser notre formulaire de questions/réponses ou notre formulaire de vérification d’information et nous répondrons de manière aussi objective que possible à vos questionnements sur la CSI comme sur le projet de géothermie profonde.

Notez que l’élaboration d’une foire aux questions nécessite une simplification de l’information afin qu’elle soit claire et accessible. Si des éléments de réponses vous paraissent incomplets ou que vous souhaitez rebondir sur certains éléments, merci de nous informer en cliquant sur le lien prévu à cet effet ("REBONDIR").

Le Glossaire de la CSI, associé à cette FAQ, vous permettra de trouver une définition au vocabulaire, parfois technique, employé.

La Commission de suivi et d'information

La CSI ou Commission de suivi et d’information du projet de géothermie profonde de Haute-Sorne a été créée pour répondre à un besoin d’information, de conciliation et de transparence vis-à-vis du projet de géothermie pétrothermal de Geo-Energie Jura SA, projet qui vise à produire de l’électricité et de la chaleur à partir de la chaleur terrestre, sur le site de Glovelier. La décision de créer une Commission de suivi et d’information pour assurer la transparence autour du projet de géothermie profonde de Haute-Sorne prend racine dans la convention de collaboration du 15 juin 2015. Vous trouverez plus d’informations sur le rôle de la CSI ici.

Rebondir

Le Professeur Pascal Mahon, originaire de Glovelier, et professeur émérite de la Faculté de Droit de l’Université de Neuchâtel préside la Commission de suivi et d’information. Il a été nommé par le Gouvernement jurassien. Vous trouverez plus d’informations ici.

Rebondir

Le règlement de la CSI prévoit dans son article 4 que le secrétariat (ou Bureau) de la CSI soit assumé par le Canton, ce qui s’inscrit dans son rôle de suivi et surveillance du projet. Le Bureau de la CSI gère également le site Internet de la CSI et veille à ce que les réponses données aux utilisateurs du site soient transparentes, claires et objectives.

Rebondir

Comme défini dans la convention du 17 juin 2022, les membres de la CSI représentent les entités suivantes : porteur du projet, autorités communales, cantonales et fédérales, organisations patronales, organisations de protection de l’environnement, associations directement concernées, population de Haute-Sorne. Vous trouverez plus d’informations ici. Comme précisé dans la convention du 17 juin 2022, la CSI peut proposer au Gouvernement d’intégrer de nouveaux partenaires par accord de la majorité absolue. Les représentants de la population de Haute-Sorne sont eux directement désignés par la commune de Haute-Sorne. Si vous habitez cette commune et souhaitez participer aux séances de la Commission de suivi et d’information, merci de vous rapprocher de celle-ci. Aucun suppléant n’a été nommé pour le moment par les autorités communales de Haute-Sorne.

Rebondir

La CSI se réunit au-minimum deux fois par année, davantage selon les besoins et les actualités. Au cours des six premiers mois de son activité, elle s’est réunie à cinq occasions.

Rebondir

Sauf décision ponctuelle du Président ou de la majorité des membres de la commission, les séances de la CSI ne sont pas ouvertes au public. En revanche, l’intégralité des présentations données dans le cadre de la CSI et les procès-verbaux de chaque séance de la CSI sont disponibles sur ce site Internet. Afin d’assurer la transparence (en plus du site Internet de la CSI et de ses communications), la presse peut être invitée à certains points de l’ordre du jour ou pour un temps d’échange en fin de séance.

Rebondir

Ils sont pris en charge par l’Exploitant (Geo-Energie Jura SA), jusqu’à dissolution de la CSI. La comptabilité est elle assurée par le Canton du Jura (RCJU).

Rebondir

En complétant le formulaire « Contact » disponible ici.

Rebondir

 

Le projet de géothermie de Geo-Energie Jura SA

Généralités

Geo-Energie Suisse SA est une société fondée le 2 novembre 2010 à l’initiative de plusieurs fournisseurs d’énergie suisses qui souhaitent promouvoir la géothermie pour la production d’électricité et de chaleur en Suisse. Le siège de l’entreprise se situe à Zurich.

Geo-Energie Jura SA , fondée en 2015, a son siège en Haute-Sorne. La société a pour objectif de réaliser puis d’exploiter le projet pilote de Haute-Sorne. La création d’une société domiciliée dans le canton du Jura a été demandée par le Gouvernement et la commune de Haute-Sorne en 2015. Son capital-actions est ouvert aux investisseurs locaux.

Rebondir

Geo-Energie Jura SA ambitionne de produire de l’électricité à partir de la chaleur terrestre pour couvrir les besoins d’environ 6000 ménages. Elle a aussi un objectif plus large, qui est de déployer sa technologie et ainsi contribuer à plus grande échelle à la transition énergétique.

Rebondir

La plupart des centrales géothermiques se trouvent dans des régions volcaniques. Dans ces régions, les roches du sous-sol présentent des températures suffisantes pour la production d’électricité (environ 150°C) à faible profondeur (< 1000-1500 m). En Islande, plus de 25% de l’électricité produite provient de centrales géothermiques. En Suisse, de telles températures ne se trouvent, sauf cas particulier, qu’à partir de 4 km (4000 m) de profondeur environ (voir la notion de gradient géothermique). A ces profondeurs, la chaleur est présente en grande quantité mais les roches ne sont généralement pas suffisamment perméables pour permettre à l’eau de circuler ou de s’accumuler ce qui rend son exploitation moins aisée. Un site pilote en France voisine, à Soultz-sous-Forêt (Alsace), a démontré l'exploitabilité de cette chaleur terrestre.

Rebondir

Il est prévu que le projet d’installation d’une centrale géothermique en Haute-Sorne se réalise en trois étapes distinctes :

- La première phase (autorisée, jusqu’en 2025 environ), dite phase d’exploration, vise à acquérir des données et images inédites du sous-sol afin de préciser les conditions géologiques. Des mesures géophysiques ainsi qu’un forage d’exploration sont programmés. Un réseau de surveillance sismique sera mis en place et permettra de réaliser un suivi de la sismicité.
- La deuxième phase (conditionnée, autorisation cantonale nécessaire), dite phase de réalisation ou de stimulation, vise à créer un réservoir géothermique en profondeur par stimulation hydraulique (injection d’eau sous pression visant, dans le cadre du projet de Geo-Energie Jura SA, à rouvrir et/ou agrandir des fractures naturellement présentes dans la roche). Un deuxième forage sera percé. Geo-Energie Jura SA réalisera des tests de circulation d’eau entre les deux forages.
- La troisième phase (conditionnée, autorisation cantonale nécessaire), dite phase d’exploitation, vise à construire et exploiter une centrale géothermique de type ORC (Organic Rankine Cycle). Le fluide géothermique (eau injectée + eau géothermale naturellement présente dans la roche: eau connée à l'origine) servira uniquement de source de chaleur. Il circulera en circuit fermé. Un fluide intermédiaire, de travail, dit caloporteur, actionnera les machines motrices (turbines à vapeur) pour produire de l’électricité.

Le projet de Geo-Energie Jura SA est actuellement dans une période préparatoire de sa phase d’exploration. Il n’entrera dans sa deuxième phase, de création d’un réservoir, que si les données obtenues démontrent que les conditions du sous-sol y sont propices. Il n’entrera dans sa troisième phase, de construction, que si la boucle géothermale est démontrée efficiente. En cas d’abandon prématuré du projet, des alternatives (valorisation de la chaleur, centrale à biomasse) seront proposées par l’exploitant (Geo-Energie Jura SA).

Rebondir

Les premiers projets de géothermie visant la création - ou l’amélioration – d’un réservoir profond par stimulation hydraulique dans des roches dites sèches mais naturellement fracturées (les roches du socle telles que le granite ou le gneiss, voir la notion de HDR) ont débuté dans les années 1970. Depuis, plusieurs projets de ce type ont vu le jour. Le projet de Soultz-sous-forêt, en France voisine (Alsace) a été le premier à démontrer la validité et la faisabilité de la technique. D’autres projets tel que celui de Bâle ont été abandonnés en raison d’un niveau de sismicité non acceptable. La particularité du projet de géothermie de Haute-Sorne réside dans son concept (réalisation à l'écart des grandes zones de failles et fractures géologiques) et dans la technologie novatrice qui sera utilisée. Cette technologie (ou système de stimulation multi-étapes) a été élaborée afin d’optimiser l’efficience du réservoir et la rentabilité de la centrale géothermique tout en abaissant le risque sismique posé par le procédé de stimulation hydraulique.

Rebondir

Aucune énergie renouvelable ne permettra à elle seule d’assurer la transition énergétique. Il est nécessaire de compter sur la complémentarité des différentes technologies existantes. C'est la raison pour laquelle la Confédération soutient de nombreuses sources d'énergie, telles que le photovoltaïque, l’éolien et la biomasse. La géothermie présente l'avantage d'être indépendante des conditions météorologiques et de permettre une production de chaleur et d’électricité en continu (énergie dite en ruban), tout au long de l’année, de jour comme de nuit. La géothermie pourrait ainsi contribuer durablement à une meilleure autonomie énergétique de la Suisse, laquelle dispose d’un important potentiel géothermique, actuellement sous-exploité.

Rebondir

L’éolien, comme le solaire, dépend des conditions météorologiques. En l’occurrence, le fonctionnement d’une éolienne dépend de la force du vent qui est fortement variable. La production d’énergie éolienne est ainsi intermittente et difficilement prédictible. A titre d’exemple, si les trois turbines du parc éolien de Peuchapatte tournaient à pleine puissance durant l’année, une production annuelle d’environ 60 GWh serait attendue. Or, la production annuelle moyenne du parc éolien du Peuchapatte est de 13.5 GWh . Geo-Energie Jura SA estime que la centrale géothermique de Haute-Sorne pourrait produire annuellement 20 à 40 GWh, soit l’équivalent de la production annuelle de 5 à 9 éoliennes comme celles visibles sur le site de Peuchapatte. L’avantage de la géothermie sur l’éolien est double : l’énergie produite est prédictible et constante et les infrastructures en surface ont un impact moins grand sur les paysages et l’occupation des sols. Il est même triple vu qu’en géothermie, la chaleur résiduelle peut être utilisée afin de subvenir aux besoins des foyers, de l’industrie et/ou de l’agriculture.

Rebondir

La stratégie énergétique de la Suisse, comme celle du canton du Jura, prévoit une sortie accélérée des énergies fossiles, ce afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre qui sont largement responsables du dérèglement de notre climat, à l’échelle globale. Même si des ressources pétrolières devaient être identifiées lors des campagnes sismiques à venir ou du forage d’exploration, il n’est pas prévu de les exploiter. Aucune autorisation n’a été donnée en ce sens et aucune demande récente de ce type n’a été traitée par les autorités cantonales. Les projets de géothermie profonde tels que celui prévu en Haute-Sorne sont justement développés afin de proposer une alternative aux combustibles fossiles, ce afin de limiter au maximum l’impact de l’homme sur le climat.

Rebondir

A la profondeur visée dans le cadre du projet de géothermie profonde de Haute-Sorne, il ne devrait pas y avoir de traces de vie. D’une part, il est extrêmement rare de trouver des traces de vie à de telles profondeur et d’autres part, la température du sous-sol à 4-5 kilomètres de profondeur devrait excéder les 125°C en Haute-Sorne, ce qui, d’après nos connaissances actuelles, exclue la présence de toute vie à ces profondeurs.

Rebondir

La géothermie est une énergie à la fois renouvelable et durable. C’est une source énergétique inépuisable à l’échelle humaine. Elle se renouvelle de manière naturelle et continue. Son utilisation raisonnable ne compromet pas la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins. C’est également une énergie respectueuse du climat et de la vie.

Dans le cadre du projet de Haute-Sorne, à la fin du cycle de vie de la centrale géothermique, le réservoir souterrain devrait se trouver refroidi par l’eau qui y a circulé, en particulier à proximité du ou des points d’injection hydraulique qui seront situés le long des forages. Ce refroidissement sera local et temporaire. Le phénomène naturel de conduction thermique au sein de la croûte terrestre et la chaleur créée naturellement par la roche permettront petit à petit de retrouver des conditions de température uniformes. Le temps nécessaire à ce lent retour à la normale pourra être modélisé lorsque la température du réservoir, sa taille et sa durée d’exploitation seront notamment connus.

Il est d’ores et déjà possible de préciser que ce projet, à lui seul, ne compromettra pas la capacité des générations jurassiennes futures à satisfaire leurs propres besoins énergétiques à partir de la chaleur du sous-sol. L’extraction de la chaleur, localisée, restera faible comparée à l’enthalpie de la croûte terrestre et d’autres projets du même type pourraient même se développer à proximité du site sans que cela n’impacte sa capacité de régénération.

Rebondir

Le développement du projet est conforme à la volonté du Parlement jurassien, exprimée sans opposition à travers la fiche 5.07.1 du plan directeur cantonal. Il respecte également la législation en vigueur, comme en attestent les arrêts du Tribunal cantonal (2016) et du Tribunal fédéral (2018). Les collectivités publiques, la population, les entreprises et les organisations non gouvernementales ont pu faire valoir leurs intérêts en 2014, au cours de la procédure de plan spécial cantonal. Une initiative visant à interdire l’exploration et l’exploitation de la géothermie moyenne/grande profondeur sur tout le territoire du canton du Jura a été déposée le 21 avril 2017, munie de 4134 signatures valables. Suivant la proposition du Gouvernement, le Parlement a constaté la validité matérielle de l’initiative lors de sa séance du 22 novembre 2017. Sur requête de deux citoyens jurassiens, la Cour constitutionnelle a examiné la conformité de l’initiative au droit fédéral. Par arrêt du 27 juin, elle a conclu que l’initiative était incompatible avec le droit fédéral et a annulé la décision du Parlement. Aucun recours au Tribunal fédéral n’a été formé contre la décision de la Cour constitutionnelle.

Rebondir

Geo-Energie Jura SA est propriétaire de ces données. Ceci dit, le projet de géothermie de Haute-Sorne étant subventionné par l’OFEN, les données brutes obtenues dans le cadre du projet seront, après une période d’embargo de généralement 6 mois, transmises, notamment, à Swisstopo. Les autorités cantonales auront également accès à ces données et pourront après cette échéance les rendre publiques. Les données acquises pourront alors être utilisées par le monde académique comme par des entreprises privées ou encore des collectivités.

Rebondir

Le calendrier fourni dans l’annexe B de la convention du 17 juin 2022, comme celui fourni sur le site Internet de la CSI, est un programme de travail prévisionnel. Ces deux calendriers sont fournis à titre indicatif. Le calendrier téléchargeable sur le site de la CSI sera mis à jour régulièrement. Il reflètera donc mieux l’état d’avancement du projet. Vous trouverez des informations détaillées sur le calendrier du projet, qui seront progressivement mises à jour, sur le site Internet du porteur de projet ainsi que sur la page d’accueil du site Internet de la CSI.

Rebondir

Certains calculs comme certaines estimations ou prévisions qui ont été documentés depuis 2012 ont été réévalués et pourraient encore l’être. Par exemple, en ce qui concerne les besoins en eau lors de la phase de stimulation, les programmes scientifiques de Forge (USA) et de Bedretto (Suisse) ont montré qu’ils avaient été surévalués. Aussi, des dispositions qui visent à réduire l’impact sonore comme l’impact paysager ou environnemental du projet peuvent être proposées aux autorités cantonales qui, lorsqu’elles apportent une amélioration avérée, est en mesure de les accepter. Enfin, pour de nombreux aspects du projet, notamment en ce qui concerne la sismicité induite, il est prévu que Geo-Energie Jura SA adapte son projet en fonction des dernières connaissances scientifiques et avancées technologiques. Par exemple, en ce qui concerne le suivi sismique, l’autorisation 969-2014 stipule qu’il devra « correspondre en tout temps à l’état avancé de la technique » (en page 7/14). Le dispositif associé au suivi sismique n’est donc pas fixe et pourra être amélioré tout au long du projet. Ceci est également vrai pour d’autres dispositifs.

Rebondir

Phase d’exploration (jusqu’en ~2025)

L’objectif de Geo-Energie Jura SA étant la production d’électricité à partir de la chaleur terrestre, cela nécessiterait soit une modification fondamentale du projet soit la découverte d’un aquifère à environ 4 à 5 kilomètres de profondeur, au sein de roches plutoniques ou métamorphiques du socle. En dehors de grandes zones de fractures, ce dernier scénario est plus qu’improbable. Geo-Energie Jura SA a en effet pour but d'éviter ces zones afin de minimiser le risque sismique (le procédé de stimulation hydraulique présente un risque accru s’il est réalisé sur ou à proximité de grandes failles géologiques ou de grandes zones de fractures).

Rebondir

Ces mesures géophysiques ont deux objectifs principaux, avant tout sécuritaires. Le premier de ces objectifs est de caractériser et assurer un suivi de la sismicité. Le deuxième est d’imager le sous-sol afin de mieux comprendre ses caractéristiques et de repérer d’éventuelles failles géologiques d’importance dont l’expression pourrait ne pas être visible en surface : le projet de Geo-Energie Jura SA vise à les éviter.

Rebondir

Les mesures de diagraphies ainsi que les tests qui seront réalisés le long du forage ont pour objectif 1) de mieux connaître le sous-sol et ses caractéristiques, 2) d’acquérir des données qui permettront de planifier la phase de stimulation, 3) vérifier l’intégrité du puits de forage et 4) renforcer la sécurité du forage.

Rebondir

Le risque sismique associé à la phase d’exploration est très faible. Le forage sera exécuté selon les règles de l’art et intégrera des dispositifs permettant de contrôler la pression et la stabilité du puits. Les tests de stimulation hydraulique seront réalisés selon des critères strictes et accompagnés d’un suivi rigoureux de la sismicité.

A noter que des camions vibreurs seront utilisés dans le cadre des campagnes sismiques 2D et 3D. Les vibrations qu'ils engendrent ne présentent aucun danger pour les habitations.

Rebondir

Le renforcement de la procédure d’établissement des preuves fait partie des mesures sécuritaires imposées par le Gouvernement jurassien dans le cadre de la nouvelle convention du 17 juin 2022. Les protocoles de fissures réalisés à la demande des propriétaires fonciers et autres ayants droit serviront de preuve afin de constater d’éventuels dommages qui pourraient survenir en cas de séisme de magnitude élevée (plusieurs niveaux en dessus du seuil de magnitude fixé pour ce projet). Sans ces protocoles, l’expérience a montré qu’une procédure d’indemnisation pouvait devenir un vrai casse-tête, pour l’ensemble des parties prenantes. Ces protocoles pourraient également, en complément des documents usuels et des éléments acquis sur le terrain lors de l’expertise, servir à l’établissement de la valeur vénale des biens immobiliers par les assureurs, qui fixera le montant d’indemnisation.

Rebondir

D’après Geo-Energie Jura SA, les besoins en eau, principalement liés à la fabrication des boues de forage, seront de l’ordre de 4000 à 6000 m3 durant toute la durée de la phase d’exploration. A titre de comparaison, la consommation d’eau annuelle sur l’ensemble de la commune de Haute-Sorne est de l’ordre de 750'000 m3.

Rebondir

Un spécialiste formé en acoustique sera intégré au suivi environnemental de réalisation. Il contrôlera les mesures de limitation des émissions et immissions sonores. Il effectuera ainsi des mesures régulières du bruit du chantier, notamment en période nocturne et au niveau des habitations voisines. Pour protéger les habitants de la ferme des Croisées, la plus exposée, une paroi antibruit de 65m de longueur et 10m de hauteur sera mise en place.

La foreuse choisie répond à l’état avancé de la technique en matière de protection contre le bruit. Les activités nocturnes bruyantes seront limitées au maximum et seules les activités absolument indispensables pour le déroulement du forage pourront être réalisées entre 19h et 07h. Le canton du Jura a exigé le respect, de nuit comme de jour, des valeurs limites d’immissions de la protection contre le bruit (OPB).

Rebondir

Les boues de forage seront préparées avec des additifs non dangereux pour l’environnement et la santé. Les déblais rocheux (« cuttings ») remontés par ces boues correspondent aux fragments de roches sédimentaires et du socle. Ces roches ont été excavées et traitées de manière routinière sur les chantiers (e.g., chantiers de tunnel) suisses comme européens. L’immense majorité de ces déblais respectent les normes de toxicité et de radioactivité et ne dégagent pas d'odeurs désagréables. Un suivi de la qualité des boues de forage sera assuré par un spécialiste qui déterminera, en accord avec l’Office de l’Environnement, leur filière d’élimination.

Rebondir

Les mesures routinières de protection et de surveillance mises en œuvre lors de forages profonds réalisés en Suisse comme en Europe visent à empêcher que les boues de forages puissent entrer en contact avec les sols. La cave de forage ainsi que la place de forage seront conçues afin que ces boues ne puissent pas se déverser dans l’environnement naturel. Des volumes de stockage suffisants et étanches seront également présents.

Rebondir

De nombreuses mesures de protection seront obligatoirement mises en place pendant le forage comme à la suite du forage afin d’éviter de telles connections. L’utilisation d’une boue de forage, la pose d’un tubage en acier, la cimentation de l’espace annulaire permettent d’empêcher de telles connections. Ces mesures sont bien connues et ont été mises en place et contrôlées à satisfaction dans de nombreux forages profonds dans le canton du Jura et ailleurs.

Rebondir

La hauteur de 70 mètres pour la tour de forage correspond à la hauteur maximale autorisée dans les prescriptions du Plan spécial cantonal. La tour de forage sélectionnée par Geo-Energie Jura SA mesurera moins de 45 mètres de hauteur (dimension comparable à la cheminée de la scierie du Groupe Corbat, située à proximité). Elle ne sera présente sur le site que pendant quelques mois, lors des opérations de forage.

Rebondir

Dans le rapport d’impact sur l’environnement (RIE, disponible ici), il a été estimé que pour un forage d’une longueur totale de 5’800m, un volume rocheux de 639 m3 serait extrait du sous-sol. Lors de la phase d’exploration, il est prévu qu’un forage vertical d’une longueur de 4’000m soit réalisé, le volume de roche extrait sera donc inférieur à cette valeur. A titre de comparaison, il a été nécessaire d’extraire 480’000 m3 de roche pour la réalisation du tunnel du Mont-Terri (Autoroute A16), d’une longueur de 4’078m.

Rebondir

La couche d’information « limitation des forages pour sondes géothermiques » disponible sur le géoportail ne concerne que les projets de sondes géothermiques. Historiquement, afin de présenter un rapport coût/efficacité intéressant, des entreprises ont développé des techniques de forage très rapides pour installer, parfois en une seule journée, des sondes géothermiques jusqu’à plus de 100 m voire 200 m de profondeur.  Ces techniques ont permis de démocratiser les sondes géothermiques, que l’on compte en Suisse par dizaines de milliers. Cependant, une étanchéité parfaite de ces ouvrages n’est pas toujours assurée. C’est pourquoi les autorités cantonales veillent à ne pas les autoriser dans les secteurs où un défaut d’étanchéité pourrait nuire à la qualité des eaux souterraines.

Dans le projet de géothermie profonde de Haute Sorne, chaque forage et son équipement coûtera au minimum 10 millions de francs, soit un ordre de grandeur de 2'000 francs par mètre linéaire. Ce budget permet de multiplier les étanchéités dans l’ouvrage et de contrôler sa bienfacture avec les techniques les plus avancées. Cela n’est pas possible pour les sondes géothermiques dont le budget de réalisation est inférieur à 100 francs par mètre foré et équipé.

Des informations complémentaires sont disponibles sur la page Géothermie de l’Office cantonal de l’environnement ainsi que dans le document de suisseénergie « Géothermie en Suisse – Une source d’énergie polyvalente ».

 

Rebondir

Effectivement, le projet se situe en partie sur un site pollué, lequel a fait l’objet de diverses études. Ces études ont permis de délimiter la pollution, qui couvre une surface très importante, de l’ordre de 18 terrains de football. Bien que la pollution ne dépasse pas 4 mètres de profondeur, son assainissement serait très coûteux et d’autant plus complexe qu’un tronçon de plus de 600 m de la ligne CFF Delémont-Porrentruy est concerné.

Fort heureusement, la pollution est figée et ne contamine plus les eaux comme c’était probablement le cas jusque dans les années 1980. Une surveillance de la qualité des eaux en aval du site a été effectuée durant presque 10 ans. Elle a permis de reclasser en 2022 le site pollué comme « ne nécessitant ni surveillance, ni assainissement ».

Assainir le site présenterait en réalité un bilan négatif, même du point de vue écologique. En effet, les résultats ne bénéficieraient que peu à l’environnement alors que les travaux seraient à l’origine de grandes quantités d’émissions de gaz à effet de serre pour l’excavation et l’élimination des matériaux pollués, sans compter les effets d’une probable fermeture temporaire de la ligne CFF.

Le canton du Jura compte un peu plus de 1'300 sites pollués (anciennes décharges, anciens sites industriels, lieux d’accident et installations de tir). Une vingtaine d’entre eux, dont les impacts sur les eaux ou les sols ne sont pas acceptable, doivent encore être assainis.

Rebondir

Non, ce risque peut clairement être exclu. Les terrains pollués se situent entre 2 et 4 m de profondeur. Il est dès lors aisé d’assainir localement les terrains dans le secteur des forages et de construire des étanchéités pour exclure toute infiltration des polluants plus en profondeur.

Rebondir

Phase de stimulation (~2026-2027)

La stimulation hydraulique est un processus qui vise à améliorer la conductivité hydraulique d’une formation rocheuse par injection d’eau ou de tout autre liquide sous pression. En Haute-Sorne, une température suffisante à la production d’électricité est probablement atteinte à partir d’environ 4000 à 5000 mètres de profondeur (voir la notion de gradient géothermique). A ces profondeurs, les roches ne sont généralement pas suffisamment poreuses ni perméables pour contenir une quantité d’eau mobilisable suffisante au fonctionnement d’une centrale géothermique. La stimulation hydraulique est donc nécessaire afin de créer ou d’améliorer la capacité réservoir des roches en profondeur.

Rebondir

Le terme « stimulation hydraulique » est un terme général qui englobe la technique de fracturation hydraulique ou « fracking » (en anglais). En géothermie profonde et dans le cadre du projet de Haute-Sorne en particulier, la stimulation hydraulique aura pour objectif de rouvrir et/ou agrandir des fractures naturellement présentes dans la roche. Ce processus requiert des pressions d’injection moins élevées que la fracturation hydraulique mais suffisantes pour permettre la création d’un échangeur de chaleur souterrain, en plusieurs étapes. En Haute-Sorne, la stimulation de la roche ne sera cependant pas qu’hydraulique mais aussi thermique vu que de l’eau de surface que l’on pourrait qualifier de froide sera injectée dans une roche chaude (température d’environ 150°C).

La technique du « fracking » a été développée aux Etats-Unis pour la production de pétrole et de gaz. Ce mode d’exploitation, utilisé dans des millions de puits, requiert l’injection d’eau à laquelle de nombreux produits chimiques et des agents de soutènement (e.g., des billes de céramique) sont fréquemment ajoutés. Ces substances, ainsi que les gigantesques quantités d’eaux usées générées par la fracturation puis la production de ces puits, sont mises en cause pour leur impact environnemental. Cette technique est également critiquée pour son impact paysager.

En géothermie profonde pétrothermale, la stimulation hydraulique ne requiert généralement que de l’eau. En Haute-Sorne, il est prévu que cette eau circule en circuit fermé, entre le réservoir géothermique profond et la surface où la chaleur de la roche sera utilisée. Elle sera continuellement réutilisée, pendant toute la durée de vie de la centrale.

Rebondir

Oui. Le processus de stimulation envisagé vise à rouvrir ou écarter des fractures sous l’effet de la pression hydraulique. En écartant des plans de fractures, un relâchement soudain des contraintes se produit par glissement des compartiments se trouvant de part et d’autre de ces plans, provoquant un séisme ou microséisme qui, dans l'immense majorité des cas, ne sont pas ressentis en surface. Une fois les contraintes relâchées, les deux compartiments se referment mais de manière incomplète, laissant des interstices, éléments piliers du réservoir artificiel en cours de création.

Rebondir

Tout le processus de création d’un réservoir en profondeur repose sur le suivi de la sismicité associée à la phase de stimulation. Les évènements sismiques qui seront enregistrés permettront de connaître en temps réel la taille et la croissance du réservoir. Ils permettront aussi d’identifier ou prédire d’éventuelles accélérations du niveau de sismicité, qui seront à enrayer afin de conserver ce niveau à un niveau acceptable.

Rebondir

Il existe plusieurs sortes de séismes. Les séismes destructeurs (magnitude ≥ 5) se produisent lorsque des failles rompent sur de grandes surfaces (failles de quelques kilomètres à plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres de long). La phase d’exploration vise notamment à vérifier que des failles de telles dimensions ne sont pas présentes à l’aplomb du site de Glovelier. L’immense majorité des séismes enregistrés dans le cadre de projets géothermiques sont des microséismes (magnitude ≤ 2). Les microséismes ne sont que très rarement ressentis en surface. Ils ne causent aucun dégât et n’ont pas d’impacts connus sur le sommeil, l’agriculture (e.g., production de lait) ou les instruments de haute précision utilisés par l’industrie (e.g., horlogère). Entre ces deux extrêmes, il existe des séismes (2 < magnitude < 5) qui peuvent être ressentis, voire, pour les plus importants, engendrer des dégâts, généralement mineurs. Le plus gros séisme de ces 100 dernières années dans le canton du Jura, qui a eu lieu à Réclère le 22 mars 2023 (magnitude locale = 4.3), n’a engendré que des dégâts mineurs (e.g., chutes d’objets dans les maisons, désolidarisation de tuiles). Depuis, cinq répliques d’une magnitude locale supérieure à 2 ont eu lieu sans que cela n’ait d’incidence. Les protocoles de fissures sont une réponse parmi d'autres au (faible) risque que de tels séismes se produisent. En Haute-Sorne, il est prévu que les opérations de stimulation hydraulique soient interrompues dès lors qu’un séisme induit de magnitude locale supérieur à 2 se produise. Si le seuil de magnitude de 2.6 fixé pour le projet est atteint, le Gouvernement décidera de la poursuite ou non du projet. S’ils se produisent en dépit des mesures de suivi mises en place, des séismes de telles magnitudes seront ponctuels et ne deviendront en aucun cas la norme.

Rebondir

D’après Geo-Energie Jura SA, chaque étape de stimulation, au nombre de 30, nécessitera environ 500m3 (comme à Forge en Utah) à 5000 m3 d’eau. Comme environ 1/3 de l’eau utilisée à chaque étape devrait pouvoir être réutilisée pour l’étape suivante, une estimation (haute) des besoins en eau s’élève à 100 000 m3.

Rebondir

Une station de mesure de débit en continu sur le Tabeillon, en amont du site de Glovelier pemettra, d’ici à la phase de stimulation (prévue en 2026-2027), de mesurer précisément les débits clés de ce cours d’eau. Un débit de prélèvement pourra alors être calculé. Sur cette base, il pourra être évalué si un prélèvement dans le Tabeillon est envisageable pour la réalisation du projet de géothermie.

Rebondir

La loi fédérale sur la protection des eaux (LEaux) et la loi cantonale sur la gestion des eaux (LGEaux) définissent le cadre pour l'utilisation de l'eau d’un cours d'eau en Suisse. Lors de prélèvements dans des cours d’eau à débit permanent, une certaine quantité d'eau, « le débit résiduel » doit être maintenu, afin de préserver un écosystème fonctionnel. Il existe ainsi un seuil inférieur en deçà duquel une interdiction de prélèvement serait appliquée. Celui-ci est fixé à 50 l/s.

Ainsi, si un droit de concession était délivré à l’exploitant pour un approvisionnement en eau dans une rivière présentant un débit résiduel inférieur ou égal à 50 l/s, il ne lui serait possible de prélever de l’eau que lorsque cette valeur seuil serait dépassée. Le débit résiduel du Tabeillon reste à définir, tout comme la valeur seuil qui serait établie dans le cadre de la demande d’autorisation. Elle ne sera pas inférieure à 50 l/s.

Rebondir

Non, l’eau sera injectée à environ 4 à 5 kilomètres de profondeur, dans des roches du socle. L’eau injectée sera maintenue sous pression à l’intérieur du réservoir artificiel créé par stimulation et circulera dans le doublet géothermique. Les eaux souterraines propres à la consommation ou à l’utilisation agricole comme les couches d’argiles ou de sels (évaporites) qui pourraient gonfler en contact avec de l’eau se trouvent dans des roches sédimentaires qui se situent à plus de 2-3 kilomètres en dessus de ce réservoir artificiel. Entre le réservoir et ces niveaux, il y a notamment plus de 2 kilomètres de roches très denses, très peu perméables et soumises à de fortes pressions. De l’eau juvénile est sûrement encore présente dans ces roches et ce n’est pas un hasard, elle n’a aucun moyen de s’en échapper.

Rebondir

Deux raisons principales, autres que la sismicité, pourraient expliquer un abandon du projet lors ou à la suite de cette phase. La première serait une circulation d’eau insuffisante entre les deux puits de forage (débit insuffisant). La deuxième, serait une température insuffisante, l’eau traversant le réservoir par des voies préférentielles, sans se réchauffer suffisamment.

Rebondir